L'oeuvre troublante de Peter Martensen, au Musée d' Art Moderne de Saint Etienne

Cette semaine les pARTageuses ne partent pas bien loin puisque c’est encore à Saint Etienne que l’une d’entre-nous a déposé ses bagages. Cette région, mondialement connue pour l’architecture du Corbusier, vous surprendra aussi par son street art , avec notamment les fresques de Ella & Pitr, pour sa Biennale du design ou bien encore son Musée d’Art Moderne, qui va particulièrement nous intéresser aujourd’hui.


Ce musée détient une très belle collection dans laquelle vous pourrez admirer des créations de grands artistes tel que Calder, Spoerri ou bien encore Lichtenstein pour n’en citer que quelques-uns. Ouvert dans les années 1980, le musée s’est tout de suite intéressé à des nouveaux domaines de collections consacrés au design ou à la photographie.


Jusqu'au 17 Septembre, plusieurs expositions se déroulent conjointement. Ainsi, en plus de l'exposition permanente, votre place achetée vous permettra de visiter trois expositions temporaires : POPCORN – Art, design et cinéma, en lien avec la thématique de la biennale ; Jaume Plensa et ses grosses têtes ; et enfin Peter Martensen qui est particulièrement fascinant. Alors, on dit merci qui pour ce super bon plan ? Oui, c’est vrai, beaucoup de musées fonctionnent de la même manière. Mais bon, quand même ! Quatre expositions pour le prix d’une, y’a de quoi faire des heureux, non ?



Dès votre arrivée, dans la première salle, juste après le petit ruban noir que le vigile ouvre pour vous laisser entrer, c’est Peter Martensen. Il est danois, et vous verrez, c’est pas mal du tout.


Mais par contre, qu’est ce que c’est troublant! Très vite c’est assez triste et même angoissant. Le spectateur est plongé dans des toiles assez imposantes, aux couleurs sombres et aux environnements pleins de mystère. Et ça, du mystère il y en a ! D'ailleurs, il le dit lui même : « La vie est un mystère et je veux que mes peintures en parlent. » Dans des scènes aux contrastes bleutés, Peter Martensen met en scène la lumière. Quelques toiles persistent en couleurs, mais c’est comme si elles n’étaient là que pour nous rappeler le manque de gaité des toiles environnantes. Sa touche, à la fois lisse et presque photographique, trouble le spectateur dès lors qu’elle devient plus fragile. La toile en devient floue par endroits et très vite rien n’est propre. Finalement, rien n’est bien clair.



L’exposition s’appelle « Ravage », ce qui nous permet de comprendre qu’il y un lien avec le tourment, la folie et la destruction. Une destruction autant matérielle que psychologique d’ailleurs. Il est vrai que l’on ne comprend pas tout chez Peter Martensen, mais est-ce le plus important ? Car c’est ce mystère et cette incompréhension du sujet qui deviendrait le sujet même de ses œuvres. Le but, ne serait-il pas de nous perdre, finalement ? De nous rendre un peu fou, nous aussi, peut être ? Car malgré la vraisemblance des sujets, les actions représentées sur la toile n’ont aucun sens. Le mieux serait alors de se contenter de l’esthétisme, et laisser ces figures prendre place sous nos yeux, avec pour seule et unique fonction que de nous déranger.


Ces personnages sont nombreux, jamais seuls et peu souvent isolés. Cependant, aucun n’a de particularité, pire encore, aucun n’a d’expression. Ils forment une masse, une quantité allant jusqu'à la foule. Ce sont des petits êtres en uniformes, en blouse ou en chemise, finalement peu importe, de toute manière cela nous donne l’impression qu’il ne sont pas humains. Comme enfermés dans la norme, ils renvoient à l’autorité et à l’aliénation, deux sujets qui sont chers à l’artiste. La plupart sont passifs, d’autres semblent bouger mais, inexpressifs, ils ne paraissent pas vivants.


Leurs attitudes sont étranges, mais les environnements familiers. Intérieur ou extérieur, sol, gouffre, mur ou chemin, l’artiste nous trompe et nous transporte. D’une toile à l’autre, il nous invite d’un univers trop calme à un autre trop agité. Dans tous les cas, il s’installe dès le premier regard sur la toile, une gêne et une sensation d’impuissance. Comme s’il l’on était voyeur d’une démence ou que l'on assistait au chaos, impuissant. Parfois même, l’artiste s’amuse, et les feuilles de papiers volantes, éparpillées, sans doute lors d’une crise, d’un burn-out, se transforment dans leurs chutes en de paisibles champs de terre. De petits personnages piétinent même les herbes folles. Du calme au brutale il n’y a qu’une toile, et soudain la folie s'apaise.


Allez, je sens que Peter Martensen vous intéresse mystérieusement. En plus, cerise sur le gâteau, cet évènement est sa première exposition monographique dans un musée français. Alors si on fait le compte, ça fait beaucoup de bonnes raisons pour passer ses vacances à St Etienne, non?


Pour plus d'informations c'est ici

Crédit photos : Pauline Chapeland

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