Retour vers le futur (de l'art) avec le collectif FRIGO

Bonjour à tous et à toutes, aujourd’hui les pARTageuses s’intéressent à l’exposition rétrospective du collectif Frigo, au Musée d’art contemporain de Lyon, du 8 Mars 2017 au 9 Juillet 2017.


Tout d’abord, prenons un temps pour nous rassurer. Je dois vous avouer que je ne connaissais pas Frigo avant l’annonce de cette exposition. Il faut dire que ce collectif était connu dans les années 80 mais s’est arrêté assez rapidement en 1989. Bonne nouvelle, nous pouvons déjà retenir deux points positifs de cette information : premièrement le Musée d’art contemporain de Lyon ranime et réunit des collectifs artistiques importants pour notre plus grand plaisir ; deuxièmement, j’ai bien travaillé, et grâce à moi, vous allez pouvoir visiter cette exposition avec un train d’avance. En fait, je suis un peu comme votre antisèche pour briller en société.


Mais alors Frigo c’est quoi ?


C’est d’abord un lieu. Et plus simplement, une porte de Frigo. Vous cherchiez une signification à ce nom de groupe un peu farfelu ? Ne cherchez plus, l’histoire est bien plus simple: ces artistes plasticiens s’étaient installés dans une ancienne fromagerie, et impérativement, dans une fromagerie il y a un frigo ! Là où cela commence à devenir intéressant pour nous, petits lyonnais fiers que nous sommes, c’est justement que tout cela s’est passé dans une ancienne fromagerie lyonnaise, dans la rue Saint Michel plus précisément.


Donc au départ ce n’est pas un concept artistique, mais juste l’opportunité de profiter d’un lieu pour faire des performances et quelques spectacles. Ils ont commencé à trois : Gérard Bourgey, Gérard Couty et Alain Garlan, puis cela s’est étoffé avec Mike A. Hentz, Charles Picq, Rotraut Pape, Christian Vanderborght, Serge Boissat et tous les autres. Cela faisait beaucoup de monde autour d’une action à la fois, mais c’était aussi l’époque de l’utopie communiste, qui, avant les années 80, était encore peu perçue comme une dictature. Cette création collective s’inscrivait alors dans la mouvance du new wave, quand beaucoup de groupes européens cherchaient à partager des choses.


Frigo fut ensuite une expérience esthétique indépendante. Leur but était de faire vaciller les valeurs du vieux monde.

Tout a commencé par le concept primitif Faits Divers System (aussi appelé FDS) qui était un magazine artistique underground réalisé par un collectif bénévole, les membres du futur Frigo. C’est après la création de ce magazine que le groupe a dû déménager et s’installer dans la fameuse fromagerie. Ce magazine permettait une autonomie financière au groupe, qui travaillait le graphisme de différentes institutions culturelles, comme les théâtres nationaux ou encore les bibliothèques. Plus tard, Frigo utilisera ce que les artistes considéreront comme la meilleure machine de propagande de leur concept : la Radio Bellevue. En refusant l’élitisme tout en écoutant la musique qu’ils aimaient, cette radio leur permit d’établir un lien entre les membres du collectif Frigo et leur public. Après la Radio pirate, ils ont lancé la TV pirate et ont même remodelé les studios de TF1.



S’inspirant de Hermann Nitsch et Paul McCarthy qu’ils ont tous deux filmés, Frigo était surtout un collectif de performeurs. Les artistes de Frigo pratiquaient déjà des arts multimédias mais la performance a bousculé leur vision de l’art. Et une fois lancé, Frigo a beaucoup fait. Ils ont installés des m3 d’eau à Beaubourg, et ils sont parvenus à fermer le Musée d’Art Moderne à l’issue d’une performance. Pour lancer le cultural exchange, ils ont trimballé une pierre de 5 tonnes des carrières de Stonehenge jusqu’à Bangkok en camion. Cela rentrait dans leur concept de média-mystique, c’est à dire la création d’une histoire autour d’une action. L’histoire de cette énorme pierre était l’union des philosophies européennes et asiatiques. Notez quand même que la pierre a été bénite par le Pape Jean Paul II et le Dalaï Lama ! Et bien que Alain Garlan me vende ces bénédictions comme le moyen d’inscrire cette performance dans la réalité de l’époque, son sourire en disait long, et je pense qu’il devait y avoir une part de rigolade dans cette petite escapade.



Voilà pour le recap ! Maintenant vous n’avez plus qu’à attendre le 8 Mars prochain pour mettre à profit toute cette lecture et profiter de l’exposition. Avis aux amateurs du pixel vintage des années 80 (si cela existe) : c’est l’occasion de visionner une grande majorité des œuvres audiovisuelles du collectif, filmées il y a 40 ans. Enfin, je tiens à appuyer l’importance de l’événement culturel qui affirme la place du groupe Frigo dans l’histoire de l’art contemporaine. Sur ce, je vous laisse avec Alain Garlan, artiste fondateur du collectif, qui nous explique comment profiter au mieux de cette exposition :


« Il ne faut pas nous prendre au sérieux. On s’est beaucoup amusé sérieusement, parce que c’est ce qu’il a de sérieux qui est le plus drôle. Il faut regarder ça en pensant à Dada, aux situationnistes, donc à une façon de jouer avec les codes de la société et nous voir comme à côté de ceux à quoi il faut s’attendre. Comme dans un monde un peu parallèle, non institutionnel. »



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