Emilie, guide-conférencière au Musée des Confluences

Emilie a eu la gentillesse de se confier à nous pour parler de son parcours et de son quotidien en tant que guide-conférencière au Musée des Confluences à Lyon, où elle travaille depuis bientôt deux ans.

Photo de Thierry Fournier // Métropole de Lyon.


Suite à un bac scientifique obtenu dans les Vosges, Emilie commence une année de fac de biologie à Strasbourg. Mais son attrait pour la photo la pousse à chercher une école et c’est ainsi qu’elle débute des études d’Arts du Spectacle à Lyon. Et comme elle n’aime pas la simplicité, elle décide de se lancer dans un double cursus en ajoutant à ses études une « pincée » d’Anthropologie, qu’elle approfondit après l’obtention de ses licences en poursuivant un Master 1. Son sujet porte alors sur la manière dont la colonisation a transformé notre regard sur l’art africain contemporain.


Après à un stage de trois mois au Musée d’art africain de Lyon, une résidence d’artistes l’attend déjà au Sénégal. Ce projet ne verra malheureusement pas le jour à cause de conflits politiques s’étendant dans l’ouest de l’Afrique. C’est cependant grâce à ce stage qu’Emilie prend goût au métier de guide. Elle projette alors d’entrer en Licence professionnelle de Guide-conférencier à Lyon, après s’être mise à niveau en Histoire de l’art pendant un an.

Elle passe enfin les entretiens d’entrée de guide-conférencier : « On m’a demandé si ça ne me dérangeait pas de postuler pour un métier où la situation financière n’était pas forcément aisée. J’ai répondu que si j’avais voulu gagner de l’argent, je ne me serais pas tournée vers des filières de passion ». Munie de sa franchise, elle accède ainsi à la formation.


Elle choisit le Musée des Confluences pour son stage de fin d’année de 4 mois : « La rédaction d’un mémoire de stage est plus constructive que celle d’un mémoire de recherche, on a le droit de poser un regard professionnel, ce que j’ai fait au Musée des Confluences en choisissant de me centrer sur le numérique ».

Elle m’apprend ensuite qu’à Confluences, les guide-conférenciers ont un statut différent des médiateurs culturels, une distinction qui reste spécifique à ce musée. En effet, les médiateurs engagés au sein du musée n’ont pas forcément un diplôme de « médiateur culturel » et peuvent venir de différentes filières, la médiation n’existant que depuis peu.

Les guides-conférencier au contraire, ayant appris à placer leur voix, doivent posséder leur carte professionnelle (et pourront ainsi être rémunérés à juste titre). Celle-ci peut être délivrée à l’issue d’une licence professionnelle ou bien être acquise par VAE (Validation des acquis de l’expérience). Les guides peuvent aussi travailler en office du tourisme, mais Emilie me confie que cette situation nécessite un statut d’auto-entrepreneur et un bon réseau.

Autre différence : le médiateur s’occupe des jeunes publics et des familles, sans oublier le public en situation de handicap, c’est-à-dire animer des ateliers, des parcours scolaires ou encore des animations scientifiques. Le guide conférencier accompagnera plutôt les adultes et les étrangers (de tous âges).

Sarcophage d'animal, Musée des Confluences, Patrick Ageneau


Je la questionne ensuite sur ses choix de musées auxquels elle a posé sa candidature : « Tout d’abord, j’ai postulé au Musée des Confluences pour l’énorme fond anthropologique, qui je pense mériterait d’être encore plus mis en valeur. Ce qui me plait aussi c’est le fait d’avoir autant d’expositions temporaires, qui me font travailler sur des sujets très différents, et ça c’est vraiment cool ».

Emilie apprécie aussi le contact avec les gens et les retours qu’ils peuvent lui donner. Elle s’en est rendu compte lorsqu’elle préférait raconter son mémoire plutôt que de l’écrire. Et c’est à sa grande surprise que les enfants sont devenus un de ses publics favoris : « Si on m’avait posé la question il y a trois ans, je n’aurais jamais dit ça ! C’est agréable car je suis au même niveau avec les enfants, il n’y a pas cette hiérarchie professeur/élèves. Et ils sont parfois tellement drôles. Un jour, à la fin du parcours « Croyances et religions », qui se termine par l'hindouisme, une élève m’a interpellée pour me dire qu’elle connaissait une religion grecque : le nudisme ! ».

Addax Addax nasomaculatus, Musée des Confluences, Patrick Ageneau


Etant référente pour la salle « Espèces », parmi les autres thèmes Origines, Sociétés et Éternités, Emilie réalise un travaille de recherche pour construire son discours. "C’est parfait car tu fais de la recherche pour rédiger tes fiches, tout autant que de la médiation. Les livrets sont rédigés par les services du musée et les trames définissent l’objectif, l’effectif et la durée des parcours".


Je finis notre entrevue par une dernière question : Qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui voudrait faire le même métier que toi ? « Il faut savoir dans quoi on s’embarque, avoir de la passion pour le public et beaucoup de curiosité pour aller plus loin que ce que tu dois dire ».



Même si l’on se définit souvent des parcours de carrière, l’avenir peut parfois nous conduire dans d’autres directions. C’est ce que m’a appris Emilie aujourd’hui : savoir se faire confiance et bien se connaître. Un grand merci à elle d’avoir bien voulu partager avec nous son expérience.


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